Le PIB ne fait plus le bonheur, une nouvelle façon de mesurer le progrès est nécessaire
Depuis des décennies, le produit intérieur brut (PIB) est utilisé comme référence pour mesurer le progrès de la société. Pourtant, à mesure que les chiffres du PIB continuent de grimper, croît également un profond désenchantement à l’égard des systèmes politiques et économiques chargés de servir le public. Est-il temps de trouver une nouvelle manière de mesurer ce qui compte vraiment ?
Même les personnes n’ayant aucune notion ni aucun intérêt pour l’actualité économique ont probablement déjà entendu parler du PIB, fréquemment cité dans les grands médias comme l’indicateur du progrès.
En termes simples, le PIB représente la somme de tout ce qu’un pays produit et vend ; toutefois, les économistes savent depuis des années qu’il ne permet pas de brosser un tableau complet de la réalité.
Par exemple, le travail non rémunéré — tel que la prise en charge d’enfants ou de membres de la famille en situation de handicap — n’est pas comptabilisé comme un facteur positif. Les indicateurs d’inégalité ne sont pas pris en compte, pas plus que le coût de la pollution ou de l’exploitation des ressources.
Comptabiliser ce qui compte vraiment
L’absence d’indicateurs plus nuancés pour mesurer le progrès figure depuis longtemps parmi les préoccupations de la communauté internationale ; cette question a été relancée il y a un an, lorsque le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a lancé son Groupe d’experts de haut niveau sur l’initiative « Au-delà du PIB ».
Au terme d’une année de consultations, le groupe a rendu publiques ses conclusions dans un rapport intitulé Comptabiliser ce qui compte vraiment (Counting what Counts), décrit comme «une boussole pour les êtres humains et pour la planète ».
Ce document propose la première feuille de route mondiale émanant des Nations Unies pour dépasser l’indicateur limité qu’est le PIB, il présente des arguments convaincants en faveur de l’utilisation d’un ensemble d’indicateurs plus large pour orienter l’élaboration des politiques et la prise de décisions.
« Au-delà du PIB »
Guterres a également cité l’essor croissant de l’intelligence artificielle comme une illustration de la nécessité de disposer d’indicateurs plus nuancés: « L’IA a le potentiel de stimuler considérablement la croissance et la productivité mondiales. Mais elle peut tout aussi bien éliminer des millions d’emplois et favoriser la création et l’utilisation d’armes létales de plus en plus sophistiquées. »
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